L'aluminium

Transport

Contexte et objectif

Dans les pays où les coûts de l’énergie sont une contrainte majeure, on utilise depuis longtemps l’aluminium dans la construction de matériel roulant afin d’alléger le poids des véhicules, réduisant ainsi la consommation d’énergie. Pour chaque kilo d’aluminium remplaçant un matériau plus lourd on diminue de 20 kilos les GES durant la vie du véhicule. Avions et métros, trains et autobus, tramways et trolleys se fabriquent ailleurs dans le monde, en aluminium, par certains des mêmes grands manufacturiers présents ici au Québec.

L’adéquation entre mobilité durable, électrification des transports et aluminium va de soi. Effectivement, l’électrification des transports est un élément majeur auquel s’est engagé le Gouvernement du Québec à Copenhague avec sa stratégie de réduction des Gaz à effet de serre (GES) : réduction de 20% d’ici 2020. Le secteur des transports comptant pour 40% de cet objectif, dont 80% dépend des activités de la grande région de Montréal.

Les propriétés avantageuses de l’aluminium dans la fabrication de matériel de transport

  • Légèreté
  • force mécanique
  • facilité de fabrication
  • étanchéité
  • recyclabilité
  • durabilité
  • résistance à la corrosion
  • absorption d’énergie
  • formabilité
US Environmental Protection Agency

L’évolution des alliages et des techniques d’assemblage de l’aluminium, notamment avec l’arrivée de la soudure par friction-malaxage, contribue à réduire le coût total de possession d’un véhicule de transport en commun, quel qu’il soit.

La norme CAFE 2025 (Corporate Average Fuel Economy) des États-Unis, ouvre la porte à un marché naturel pour les entreprises québécoises qui sauront se positionner, car, c'est fait, l'administration des États-Unis a annoncé que la norme s'étendra aux véhicules lourds, semi-lourds et remorques, incluant les roulottes. On peut d’ores et déjà constater la réaction des manufacturiers d’automobiles, Ford a réduit le poids de son légendaire F-150 de 300 kg en concevant son modèle 2015 avec une carrosserie en aluminium; les autres constructeurs ont déjà annoncé leur intention de procéder dans le même sens. Quelques années plus tôt, des marques de luxe, comme le Range Rover, avaient innové en la matière.

Actions

Consortium Bus électrique

Consortium Bus électrique (CBÉ)

Dans son budget de juin 2010, le Gouvernement du Québec a lancé le Projet mobilisateur de l’autobus électrique (PMAÉ) qui amena la création du Consortium bus électrique (CBÉ). Dans le cadre de ce programme, le Gouvernement s’était engagé à financer 50% ou jusqu’à 30 millions $ du développement de prototypes d’un autobus standard électrique. Le consortium devrait livrer ses premiers autobus en 2017.

L’AAC a contribué aux travaux du CBÉ en commandant des études techniques et commerciales pertinentes.

Études

Solutions pratiques pour contrer la corrosion galvanique entre l’aluminium et l’acier dans le transport terrestre

Ce guide a été produit en 2011 pour le compte de l’AAC par le Centre des technologies de l’aluminium du CNRC.

Il avait été constaté que certains manufacturiers et acheteurs nord‐américains d’autobus, se montraient réticents à intégrer l’aluminium dans leurs véhicules. Le scepticisme envers la possibilité de marier efficacement l’aluminium et l’acier, et ce, sans risque de voir des phénomènes de corrosion galvanique apparaître représentait un frein à l’utilisation de l’aluminium.

L’objectif du guide était de démontrer que la corrosion galvanique est un phénomène gérable du point de vue opérationnel dans le cadre de la fabrication de matériel roulant. Plus spécifiquement, ce document visait à démystifier la corrosion galvanique entre l’aluminium et l’acier, et expliquer quelles sont les méthodes qui permettent de contrer efficacement et de façon éprouvée son apparition dans le contexte de la fabrication et de l’entretien d’autobus.

Recherche de fournisseurs pour composantes d’aluminium

Au printemps 2011, l’AAC avait mandaté le Réseau Trans-Al afin d’identifier les PME québécoises qui pourraient contribuer à la fabrication d’autobus avec fort contenu d’aluminium. L’analyse a démontré qu’un échantillon de PME manufacturières avait la capacité de produire toutes les composantes majeures d’un autobus en aluminium.

Recensement mondial partiel des livraisons d’autobus en aluminium par manufacturiers1

Depuis plus de 30 ans, plus de 100,000 autobus en aluminium ont été construits et utilisés dans le monde. Ce recensement non exhaustif a été fait pour démontrer aux décideurs du Québec que le choix de l’aluminium comme matériau dans la fabrication d’autobus a été fait ailleurs et depuis longtemps. Si l’aluminium est devenu de plus en plus incontournable pour le secteur de l’automobile, cela devrait être aussi le cas pour le transport en commun.

Au moment de la réalisation de cette étude, on a pu identifier des intégrateurs et manufacturiers utilisant l’aluminium partout dans le monde; ce nombre a certainement augmenté depuis avec l’intérêt pour l’électrification et l’allègement de véhicules en lien avec les projets de réduction des gaz à effet de serre.

Déjà en 2011, plus de 100 000 autobus conçus en grande partie en aluminium circulaient sur les routes du monde.

1 Source : Recensement mondial partiel des livraisons d’autobus en aluminium par manufacturiers, Conseil National de recherche du Canada, préparé pour l’Association de l’aluminium du Canada, mai 2011.

Autres applications au Québec

L’aluminium prend progressivement sa place dans les décisions de manufacturiers de matériel de transport. Ces décisions sont parfois motivées par des impératifs d’allègement, afin de rencontrer des objectifs de consommation et de diminution des GES, elles s’appuieront aussi sur des notions plus économiques comme le coût total de possession qui intègre le coût du matériau sur la durée de vie du produit jusqu’à son recyclage, en passant par son entretien.

Dans un avenir rapproché, d’autres projets au Québec pourraient bénéficier du choix de l’aluminium, notamment :

  • Le nouveau métro de Montréal, l’Azur, en est un. Ce métro tout électrique gagnera à être plus léger; plusieurs de ses composantes, dont le toit, sont en aluminium.
  • Le système léger sur rail (SLR) prévu sur le nouveau pont Champlain sera électrique, sur voie dédiée, il pourra aussi bénéficier d’être léger en étant en aluminium et, ainsi, de consommer un minimum d’énergie.
  • Tout autre projet de SLR, comme celui du projet de train de l’Ouest de l’Île de Montréal et de navette aéroportuaire, imparti à la Caisse de dépôt et placement du Québec, gagneront à être conçus d’aluminium.

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Autres utilisations